Ci-dessus, extrait de Little Odessa
(1995), tourné au sud et à l'est de Brooklyn,
à savoir le quartier russe situé au bord de Coney
Island & Brighton Beach, mais aussi dans d'autres zones comme
le quartier de Red Hook.
En nous
offrant la « comédie romantique lacanienne
» Two Lovers
(2008) après une trilogie new-yorkaise pleinement tragique
(Little
Odessa, 1995, The
Yards, 2000 et La
Nuit nous appartient, 2007), James Gray est devenu un des
cinéastes phares de la ville de New York. Cependant, au lieu
d’être un « représentant »
touristique ou bourgeois de la cité de verre, James
Gray s’est acharné à la dé-présenter en
allant fouiller et filmer les recoins nocturnes d’un New York
tout sauf « rose bonbon ».
Cela s’exprime d’abord par le refus du cinéaste
à décrire uniquement Manhattan, qui, en dépit
de ses quartiers populaires (mais peu à peu reconquis par le
business, Harlem y compris), reste un mont institutionnel aux
hautes silhouettes et aux monstrueuses avenues. James Gray
préfère donc (re)mettre en lumière les
quartiers, micro quartiers et autres périphéries
new-yorkaises délaissées par le tourisme mondial et
cinématographique. A savoir, le New York des boroughs extérieurs
à l’« île fantastique » de
Manhattan (en tout cas sa partie sud), le New York du peuple, le
New York des briques et des hautes herbes folles.
Les boroughs de la ville de New York regorgent encore
d’endroits non encore aseptisés, criants de
vérités. A ce titre, il n’est pas interdit
d’appréhender le cinéma de James Gray à
travers les seules ruelles et impasses abandonnées
qu’il dépeint (en particulier Brooklyn où il
réside lui-même), certes comme des fragments
mortifères, mais avec, dans le cœur, l’espoir
profond d’en
révéler l’authenticité et d’y
déceler de l’humanité.
AT
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